surefficient

Ecrit par : dimanche, novembre 9, 2014 16 Permalink
  • Beaucoup de gens viennent me voir au cabinet car ils souffrent de dépression. La cause ? Trop intelligent pour être heureux… Bizarre quand même ! Et pourtant, la structure cérébrale des gens doté de douance qu’on appellera surefficients est performante, mais non maitrisée. Et comme sans maitrise, la puissance n’est rien,  je leur propose le livre « je pense trop ». Son auteure, Christel PETITCOLLIN, nous explique d’abord les nuances de cette puissance, puis comment faire pour ne plus en être esclave et enfin comment apprendre à en être l’heureux et plein bénéficiaire.
  • Phrase résumée de « Je pense trop » : Comme trop de gens intelligents souffrent paradoxalement de leur intelligence, de ce mental qui sans arrêt, même la nuit travaille, de ses questions dans leur tête qui en amèneront vite d’autres, de cette conscience très pointue des choses, et de leurs sens ultra-développés qui les bombardent à chaque instant une multitude de détails, ce livre nous aide à analyser, à comprendre, à valoriser et à canaliser l’énergie débordante des cerveaux surefficients, tout en leur donnant des outils pour éviter les pièges des inconvénients d’une telle structure cérébrale.
  • Par Christel PETITCOLLIN 2010,2012 Guy Trédaniel Éditeur 252 pages
  • Chronique écrite par Joël ALIDOR,  dont le but est d’offrir des méthodes simples et accessibles à tous pour retrouver une vie calme et sereine.
  • Chronique et résumé de « Je pense trop ».
  • Introduction
  • Faites-vous partie de ces personnes qui souffrent de « manque de confiance en soi » alors qu’on vous trouve plutôt intelligent, et sans gros échecs à gérer dans votre vie ? C’est le cas de Camille. Quand Camille est venue consulter Christel PETITCOLLIN, elle s’excuse sans cesse de son hypersensibilité (larmes, mordillement des lèvres, poings serrés…) quand elle raconte sa vie. Pourtant sa vie est justement en tout point le portrait d’une étudiante universitaire brillante. Elle enchaine les succès mais, contrairement à ses camarades de promotion qui prennent confiance au fur et à mesure de l’année, de sa place dans la société, de la cohérence de son choix dans ses études, de son futur… Elle doute d’elle, même si elle valide remarquablement bien chacun de ses semestres. Bref, en trois mots : elle pense trop…
  • D’ailleurs ses amies et sa famille lui disent bien qu’elle est compliquée dans sa tête et qu’elle se pose trop de questions… Elle aussi aimerait bien trouver l’interrupteur de ses pensées et le mettre sur « off », et croyez-moi, elle aurait débranché son mental depuis longtemps tellement, à force, il devient douloureusement trop envahissant pour elle.
  • Son entourage ne la comprend pas vraiment. Elle a l’impression de venir d’une autre planète. Évidemment elle a du mal à trouver sa place en général, et se sent incomprise. Elle n’arrête pas de se poser des questions en boucle : « Mais enfin, qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Suis-je folle ? Pourquoi personne ne me comprend ? Suis-je donc l’unique sur terre dans ce cas ? »
  • Vous trouvez-vous des points communs avec Camille ?
  • Des gens comme Camille, j’en ai vu passer beaucoup en cabinet. L’auteure aussi, et, après des années d’écoute, elle a réussi à trouver le dénominateur commun de ses personnes. Vous vous imaginez ?!… C’est leur intelligence qui est la cause de leur malheur !!! Incroyable… Trop intelligent pour être heureux…Ils en ont marre des questions qu’ils se posent sans cesse, marre des doutes, marre de ces sens si développés qui n’épargnent aucun détails… Ils ne se trouvent tous simplement pas intelligents, alors qu’ils sont seulement différents. Et différence signifie pour eux souffrance. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont pas compris par leurs proches, tellement leur mental va vite et dans tous les sens. Imaginez un fourmillement d’idées dans leur tête, chaque idée amène une multitude de questions : « Mais pourquoi ce qui est évident pour moi ne l’est pas pour les autres ? Et si c’était moi qui analysais mal ? Et si j’avais tout faux ? Qu’est-ce qui prouve que je ne suis pas à coté de la plaque ? » Ces questions sans réponses sont les tonneaux de poudres qui explosent instantanément en feu d’artifice de chagrin, frustration et colère au moindre heurt. Vous imaginez les dégâts…
  • L’auteure de ce livre a réfléchi longtemps pour trouver le terme le plus explicite, celui qui correspond le plus justement à la complexité de cette catégorie de personne. Surdoué ? Haut potentiel intellectuel ? Non, ils ne se sentent pas « supérieurs » aux autres, au contraire, leur coeur « gros comme ça » les empêchent d’être plus prétentieux. Cerveau droit ? pas mal, mais peut mieux faire.
  • C’est donc le terme « surefficient » qui finalement est choisi, car c’est sûr, ils ne pensent pas comme tout le monde, juste trop par rapport à tout le monde !!!
  • Un cerveau qui pense trop est un véritable supersonique de la pensée. Conduire un tel engin est impossible sans une formation de base. Et pour bien le piloter, il faut bien sûr acquérir un minimum de connaissance sur son fonctionnement. Comment ça marche un tel bijou cérébral ? Et comment pilote-t-on un tel aéronef sans trop l’abimer ? Suivez le guide pour la suite de la visite !
  • Partie 1
  • Une organisation mentale naturellement sophistiquée
    • I.Des capteurs hypersensibles
  • Cette partie commence par une réflexion sur la perception de la réalité. Nous percevons tous la réalité de façon différente. Oui, faites visiter le même appartement à 10 personnes différentes, et demandez-leur ensuite de vous décrire en détails ce logement. Croyez-vous que vous aurez deux perceptions identiques ? Non, vous aurez au contraire, l’impression qu’elles vous parlent de 10 appartements différents. Pourquoi ? Parce que ce qui semble fondamental pour les uns sera secondaire, ou tout simplement ignoré par les autres. Ainsi les visuels parlent plus des détails liés à la vue. Les auditifs eux, sont plutôt sensibles à la quiétude ou au bruit dans l’appartement. Les kinesthésiques sont plus enclin à en mentionner l’espace, et l’ambiance, et le confort. Les surefficients ont les capteurs sensoriels qui envoient plus d’informations au cerveau, avec une intensité plus élevée. Donc, si un surefficient fait partie des visiteurs, il se souviendra de bien plus de détails que la moyenne, avec même la capacité innée à citer des particularités et des détails que les autres n’auront même pas notés. En plus de penser trop, il ressent trop dans au moins un de ses cinq sens. C’est la définition de l’hyperesthésie.
  • L’auteure passe ensuite en revue les styles d’hyperesthésie en racontant en détails la description de ce qui se passe dans la tête de François, un de ses patients, qui explique ce qu’il ressent en arrivant à son cabinet. La description dure trois pages, et vaut le détour. Il est capable, plusieurs jours après avoir rencontré Christel pour la première fois, de lui décrire par mail une foule de détails dont il se rappelle. On retiendra qu’en entendant la voix de Christel, François devine instantanément son physique, grande, charpentée. Le bruit de ses talons sur le parquet lui amène tout de suite à cette question : « Mais pourquoi met-elle des talons alors qu’elle est déjà grande ? »
  • Et quand finalement, il se présente à elle pour la première fois, elle est exactement comme il l’avait imaginée. On le comprend par cet exemple : les surefficients ont leurs perceptions sensorielles décuplées. Ainsi on parlera hyperesthésie visuelle, auditive, kinesthésique, olfactive, gustative. Percevoir tout cela représente des inconvénients car la perception de détails inaperçus et insignifiants pour les autres peut se révéler être un véritable bombardement d’informations pour eux, qui amèneront une foule d’idées et de réflexions. Il devient encore plus dur pour eux de se concentrer tellement chaque détail devient potentiellement une source de distraction. La phrase toute faite : »ben n’y prête pas attention ! » ne les aide en rien car ils subissent et n’ont pas de pouvoir de réduire le flux d’informations qui leur arrive.
  • On l’aura compris, les surefficients sont hyperesthésiques. La sensibilité étant directement liée à la perception des sens, voyons maintenant comment, par voie de conséquence, ils sont en plus hypersensibles…
  • II.De l’hypersensibilité à l’hyperlucidité
  • Lors d’un interview, Amélie Nothomb a dit : » Qu’il y ait un tremblement de terre, une guerre ou une famine dans le monde, j’ai l’impression que c’est ma faute et que j’y suis pour quelque chose.  » Les informations qu’ils reçoivent les touchent tellement au plus profond d’eux-mêmes qu’ils vont se sentir concernés, voire responsables ou coupables des problèmes de l’humanité. Si vous êtes émotifs ou sensibles vous comprenez ce que ça veut dire. Votre entourage vous le serine encore :  » Mais il ne faut pas le prendre comme ça, c’est stupide, ce n’est pas en réagissant comme ça que ça va changer, ou ma préférée, il faudra bien un jour finir par s’endurcir « . Mais que le monde serait cruel sans émotions !
  • On l’admet de plus en plus, les émotions ont un rôle prépondérant dans la pensée et la prise de décision. Le problème des surefficients est d’avoir un flux d’émotions qu’ils n’ont pas appris à dompter. Encore plus sensibles aux jugements de ceux qui ne les comprennent pas, ils peuvent en arriver à se détester, finissant par croire à une piètre image d’eux-mêmes.
  • Mais chaque défaut à sa qualité. Le surefficient mental, bien qu’hypersensible sait être altruiste, chaleureux dans ses relations, capable de remise en question avec soi-même, ouvert d’esprit, avec un sens de la justice, une droiture et une intégrité exceptionnelle.
    • Voilà une bonne nouvelle ! Ils ont des qualités dont ils pourront tirer profit. Vous connaissez des personnes qui au collège, quand elles étaient amoureuses du prof de maths avaient 19/20 de moyenne, mais quand l’année d’après avaient une prof froide, distante et rigide se payaient une moyenne de 4/20 ? Pour les surefficients, le facteur affectif doit être aussi pris en compte. C’est un vrai supplice pour eux que de devoir travailler en entreprise avec une ambiance lourde et morose, sous les ordres idiots d’un chef stupide. Ils sont aussi hyperaffectifs… S’ils sont félicités et rassurés, ils sont prêts à donner le meilleur de leurs capacités. Comme nous vivons dans un monde où, reconnaissons-le, c’est rarement le cas, il est nécessaire pour les surefficients de trouver un moyen efficace de gérer leurs émotions négatives.
    • Comprendre comment le cerveau marche est très important pour mieux gérer ce genre d’émotions, surtout si on ne comprend pas pourquoi on les subit comme ça. Pour cette raison, j’en profite pour vous offrir une formation gratuite : « Les 7 clés contre la crise d’angoisse ». Il suffit de vous inscrire gratuitement et sans engagement, et vous pourrez profiter de cette formation vidéo en trois parties.
    • Vous y comprenez pourquoi parfois on peut se sentir angoissé ou en colère sans aucune raison apparente à priori. Ce sont ces « déclencheurs d’émotions négatives » qui sont plus sensibles que la moyenne chez les surefficients mentaux. Du coup, les émotions liées à des souvenirs douloureux (l’exemple de la vidéo : la présence d’un gros ours il y a longtemps) peuvent être de nouveau déclenchées au moment présent par n’importe quoi même si, en apparence, ça n’a aucun rapport avec l’événement traumatisant (comme l’oeil d’un poussin, allez voir la vidéo pour mieux comprendre).
    • Un hypersensible peut capter sans forcer tous les détails qui viennent à lui. Il en arrivera à s’imprégner des subtilités émotionnelles de son entourage. Il pourra au final « deviner », « déduire », « ressentir » des nuances qui passent inaperçues pour la plupart. Vous êtes-vous déjà retrouvés dans une situation à capter l’angoisse des gens ? A sentir quand ils sont angoissés, comme c’est souvent le cas par exemple dans les grandes surfaces ? A ne penser qu’à une chose, fuir ? Uniquement de part ce que vous ressentiez ? Ce comportement n’est pas lié à une quelconque envie de savoir ce que les autres ressentent, mais c’est un réel bombardement d’informations automatiquement décodées et compilées. Ajoutés les unes aux autres, cette hyperesthésie amène une hypersensibilité qui permet aussi de sentir assez justement le mode de fonctionnement des autres. On parle donc d’hyperlucidité, tant les détails perçus sont exacts, fins et pas si évidents à déterminer. Un surefficient mental pourra affirmer au grand dam de tout le monde que tel couple ne s’aime plus vraiment. Il l’a très bien vu dans cette soirée : plus aucune complicité entre eux, ni aucun mot gentil ni geste d’affection. En exprimant son analyse, les amis peuvent l’accuser de voir le mal partout ! Et quand trois mois plus tard, ce couple se sépare, tout ce petit monde s’en étonne, n’arrive pas à le croire, ce qui, on commence à bien le comprendre, ajoute à la frustration d’avoir eu raison, mais de ne pas être compris du tout. Le captage de ce genre d’informations sur plusieurs niveaux, avec une conclusion juste fait qu’on les qualifie hyperlucides. Il sont concernés par le syndrome de Cassandre, être capable de prévoir le malheur sans pouvoir l’empêcher, et être condamné à avoir raison sans jamais être crû ni écouté. En effet, qu’il est frustrant de détecter à raison le malheur de ceux qu’on aime arriver au loin, de leur donner des conseils avisés que personne n’écoute, pour ensuite voir ces personnes-là souffrir des conséquences d’un malheur si précisément annoncé ! Cette frustration conduit le surefficent à un isolement. C’est maintenant le moment pour vous de vous approprier votre hyperesthésie en l’admettant une bonne fois pour toute. Essayez de prendre le temps de jouer avec. De ressentir toutes les possibilités de vos cinq sens, et les possibilités que votre ressenti vous offre. Après tout, si vous avez lu cette chronique jusque là, sans en perdre une miette, c’est peut-être parce que vous aussi, vous êtes surefficient, non ? Il est temps de comprendre les détails de fonctionnement de votre cerveau. III. Un câblage neurologique différent
  • Le schéma de câblage neurologique des surefficients mentaux est différent : ils ont un schéma de pensées en arborescence. Une idée en fait jaillir dix autres, et les associations d’idées sont l’opportunité d’un foisonnement infini. Je vous dis « pomme ». Aussitôt vous pensez à toutes les catégories de pommes que vous connaissez, aux compotes que votre grand-mère faisait, avec son secret qu’elle n’a dit qu’à vous : le dosage parfait entre vanille et cannelle!… Mmmmm… Vous en avez encore des frissons tellement c’était bon, et ce goût dans votre bouche, comme si c’était hier. Ah oui, vous l’aimiez votre grand-mère… Mais ce serait injuste de ne pas parler des boissons faites avec la pomme : jus de pomme bien sûr, et cidre, avec une pensée affectueuse à ceux qui doivent subir la corvée du ramassage de pommes dans les pommeraies normandes. Travail très ingrat s’il en est. J’arrête ici le passage en revue des pensées en arborescence qui jaillissent dans l’esprit du surefficient, mais pour eux, c’est inné. Remarquez, il a en lui un potentiel de créativité intarissable. C’est l’autre avantage. Avantage qui peut être un inconvénient si au lieu de penser autour d’un objet neutre telle la pomme, il ressasse du négatif comme cet accident auquel il vient juste d’échapper. Alors il fabriquera des tonnes de pensées en arborescence pendant des dizaines d’heures à se refaire le film dans la tête avec toutes les conséquences qu’un tel drame aurait eu, les changements dans sa vie, le handicap potentiel, la tristesse de ses amis s’il en était mort… Lui seul peut se dire : « Stop, je suis vivant, et le chauffard est loin, je vais profiter de ma créativité maintenant pour savourer la belle soirée que je vais passer avec mes amis « . Mais il faut une certaine maitrise pour y arriver.
  • Peut aussi poindre à l’horizon, une autre bizarrerie, elle aussi difficile à comprendre, c’est ce besoin permanent de complexité. Quand c’est trop simple pour eux, c’est aussi trop ennuyeux. Laurent par exemple, est serveur. Quand il n’y a personne à servir, il est obligé de noter les commandes, de poser les boissons et leur prix sur papier pour en calculer l’addition. Sinon, il a toutes les chances de se tromper. Quand la salle est bondée, par contre, pas besoin de stylo, il a toutes les commandes en tête, n’oublie personne, ne se trompe pas dans les additions ni dans le rendu de monnaie. Et en plus, ça le motive ?!?… On prenait l’exemple en introduction du supersonique. Pour qu’un avion puisse décoller, il doit accélérer pour atteindre une vitesse minimum au sol. Si sur la piste, il n’atteint pas cette vitesse, il ne décollera pas. Le cerveau de Laurent a besoin d’un seuil de stimulation conséquent pour atteindre sa vitesse de « décollage », pour ensuite enclencher le mode supersonique.
  • Il devient à présent évident qu’une personne qui capte, plus d’informations que la moyenne, avec une sensibilité plus exacerbée que la moyenne a bien des chances d’être incompris par la moyenne. Loin d’être idiote, elle est tout simplement différente. Elle aura des réactions, une personnalité que nous qualifierons pour le moins d’originale. Continuons notre visite pour en saisir quelques contours.
  • Partie 2
  • Une personnalité originale
  • Le vide identitaire
      • Quand depuis l’enfance, un surefficient ne se sent pas compris, difficile de se construire une image positive de lui. Année après année, il souffre de cette inadéquation avec son entourage. Il en arrive à se creuser ce vide identitaire qui l’amènera à douter encore plus de lui et qui d’une certaine façon le marginalisera car son environnement malgré toute la bonne volonté du monde aura du mal à apprécier les multiples belles facettes de sa personnalité. L’estime de soi et la considération de sa valeur propre sont deux facteurs déterminants pour être bien dans sa peau. Vous savez tous que l’estime de soi des enfants est liée aux signes d’affection, d’amour, d’estime des parents auxquelles viendront s’ajouter, en grandissant, ceux de l’entourage plus élargi (camardes, collègues, copains, voisins…).
      • Quand les parents, malgré tout l’amour qu’ils ont pour leur enfant surefficient sont petit à petit dépassés par ce qu’il est, le petit se sentira très vite pas compris : il est trop ! Trop émotif, trop sensible, trop insolent quand il commence à chercher ses limites… Oh, ça suffit le petit !!! Comme il a une soif insatiable d’encouragements, encouragements qui dans notre société arrivent trop insuffisamment, il se sent vite nul, dévalorisé. Et son amour de la perfection ne l’aidera pas à se valoriser.
      • Le livre cite plusieurs exemples dont celui de Yann, 7 ans, qui travaille dur pour dessiner un cheval. Il se concentre dessus et stresse au fur et à mesure qu’il avance dans son dessin, quand soudain, il explose de rage, déchire sa feuille ! Il vient de rater la patte… Il pleure à chaudes larmes pendant deux heures. Inutile de lui dire que son cheval était beau ! Lui est persuadé que non. Ce cheval raté est le début d’une suite d’échecs personnels garantis si personne n’arrive à lui faire comprendre son talent et son don pour l’art graphique. Imaginez que ces camarades essaient de lui dire que son cheval était beau… C’est prévisible, lui, avec la meilleure volonté d’authenticité et d’honnêteté, par amour du beau s’entête à s’y opposer : la limite de la patience des camarades est vite trouvée… et c’est le rejet assuré pour lui. Quand il réalise qu’il a de sérieux problèmes, le surefficient mental se crée un tyran intérieur qui ne lui laissera aucun répit. Vous le connaissez ? Celui qui dicte ce que vous devez penser de vous ? Jamais en positif d’ailleurs. Celui qui écrit et réécrit la même histoire des centaines de fois, en réussissant à vous prouver que vous n’êtes pas une personne compétente. Cette dévalorisation est elle aussi arborescente, créant dénigrement et fatigue mentale jusqu’à la dépression, en passant par des phases de doute chronique graves.
      • Ce tyran est indissociable du « faux self », un « faux moi » qui leur permet de s’adapter à la vie en société. Ce faux self est cette petite voix qui ne sort d’on ne sait où et qui énoncera des jugements toujours négatifs (t’es nul, t’es coupable, tu aurais pu mieux faire…). Il donne souvent son avis sans qu’on le lui demande, et plus le jugement est dur, plus on se persuade de le croire. Comme les surefficients ont leurs sens plus sensibles que la moyenne, et un sens de la loyauté très fin, ils seront plus sensible à prendre en considération ce que dit ce faux self, même si c’est faux. En cabinet, ce n’est pas une mince affaire pour faire comprendre que ce faux self ne dit pas la vérité.  Le livre propose plusieurs exemples où le surefficient, par peur du rejet, est capable de prendre en considération les besoins multiples et capricieux de son entourage. Cette peur incontrôlable du rejet injustifié est mise en place par la tyrannie de son faux-self. Du coup, ce faux-self invariablement crû explique des comportements comme le syndrome de Stockholm ou les gens qui se plieront en quatre pour satisfaire aux moindres exigences dès qu’elles sont dictées.
      • L’affrontement avec les autres étant ce qu’il faut éviter à tout prix, le processus de reniement de soi se met en place au fur et a mesure que le surefficient enfant grandit. Comme sa famille, le corps enseignant etc n’arrivent pas à le soutenir efficacement (par manque de compréhension en général), il apprend pas à pas, à dévaloriser ses brillantes qualités sous le diktat de son faux self. Et comme en parallèle son système de valeur et de loyauté est clairement défini dans sa tête, il pourra fuir cette tyrannie en se réfugiant dans un idéalisme qui lui sera néfaste. Voyons à présent comment.
      • II. Idéalisme et relationnel difficile
      • Le système de valeur des surefficients est une jungle d’absolus. On parle d’eux comme des handicapés de la nuance tant ils sont attachés à leur vision de l’idéal. Il faut batailler des heures pour leur arracher une petite concession. D’ailleurs, le livre les qualifie de puristes décrivant leur système de valeur comme étant le plafond tandis que la réalité tangible du quotidien est le plancher. Cela explique pourquoi ils ne se sentent pas compris et comme étant d’une autre planète, tellement leur sens de la parole, de la loyauté et du respect est indéfectible.  L’exemple du portefeuille est marquant. Si vous trouvez un portefeuille sans nom ni adresse dans une rue déserte, que feriez-vous ? Beaucoup de surefficients essaieraient naïvement de trouver le propriétaire, même s’ils savent que la probabilité pour trouver le vrai propriétaire est faible, et que la somme d’argent dérisoire. Ils savent évidemment que n’importe quel petit malin peut se déclarer être le propriétaire du portefeuille, il leur sera quand même difficile de le garder. Et si malgré tout, ils le gardent, il y aura ce pincement au coeur pour le malheureux propriétaire qui a perdu son argent tellement le sens de l’honnêteté est prépondérant en eux.
      • Leur loyauté jaillissant du tréfonds d’eux-même et ce sens de la justice se retrouve quasiment à tous les coups en décalage avec la réalité. Beaucoup l’auraient gardé ce portefeuille, sans ce poser de questions ! Eux non, et toujours au nom de cet idéal induisant des pensées arborescentes de loyauté inadaptée, ils peuvent partir dans des sermons et leçons de morale tant inutiles et démesurées qu’incomprises. ( Et c’est reparti pour la machine à penser trop !… « Mais ce portefeuille , c’était peut-être le seul cadeau qui reste du grand-père décédé -ah, pauvre homme !!!- Je suis vraiment lâche de ne pas essayer de le retrouver ! » Vous commencez à comprendre le tableau ). Ce comportement est la source d’un relationnel difficile puisqu’ils en arrivent à claudiquer entre la culpabilité de ne pas avoir pu mieux faire, et le champ des possibles qu’ils ont pourtant imaginés pour mieux faire. D’autant plus difficile car certaines personnes savent très bien déclencher ce va-et-vient entre les extrêmes qu’induisent cette complexité. Le livre parle d’eux comme les pires prédateurs des surefficients : les pervers narcissiques.
      • Christel PETITCOLLIN a aussi écrit plusieurs livres sur les manipulateurs (Echapper aux manipulateurs : les solutions existent ; Enfant de manipulateur, comment les protéger ? Divorcer d’un manipulateur…). Ici dans ce livre, elle présente brillamment un point commun entre les manipulateurs et les surefficients : chacun a du mal à s’aimer soi-même. Avec une nuance toutefois : le pervers narcissique ne s’aimant pas lui-même essaie de vampiriser de l’amour où ils peut en trouver, tandis que le surefficient parce qu’il a du mal à s’aimer donne tout l’amour qu’il a, quitte à sacrifier sa personne au premier plan. Elle présente donc plusieurs couples de pervers/surefficient où la méchanceté maladive de l’un semble absorbée par l’amour inconditionnel de l’autre. L’un toujours prêt à se sacrifier pour l’autre au nom de cet l’idéal, tandis que l’autre, trop peureux pour se regarder en profondeur prendra toute l’attention qui peut être prise pour rassurer son égo. Tant pis si c’est au détriment de son conjoint.
      • La partie 2 a montré comment il peut être difficile de se valoriser vis à vis de soi-même et des autres quand on est surefficient mental, voyons maintenant comment enfin bien intégrer et adapter son potentiel. Toujours là ? Alors abordons ensemble cette troisième partie.
  • Partie 3
  • Bien vivre avec sa surefficience mentale

    • Le choc de la révélation
    • Après une première phase de soulagement où le surefficient comprend la différence de son schéma mental et la joie d’apprendre qu’il est compris et n’est pas le seul avec ce câblage neurologique différent, arrive une deuxième phase de doute : « serai-je capable de faire le deuil nécessaire d’être un jour quelqu’un de normal ? ».
    • En fait, le surefficient a toute sa vie essayé d’être comme ce cygne qui veut à tout prix passer inaperçu au milieu des canards. Il a payé de sa personne pour tenter de diminuer la longueur et la grâce de son cou, ça lui a fait mal, mais il ne savait tout simplement pas qu’il était cygne côtoyant des canards. Lui ne savait pas ce qu’était un cygne, même ses parents n’ont pas su lui faire comprendre. Eux-même ne saisissaient pas le pourquoi du comment. Et là d’un coup, quelqu’un lui explique. Des doutes germent :  » Moi surefficient ? Mais vous en êtes sûr ? ». Le livre explique très bien plusieurs phases liées à l’acceptation (déni, colère, marchandage, dépression). Car oui, tout dépend à quel âge il s’en rend compte. Pour l’adulte surdoué, se rendre compte de son potentiel, après une vie d’errance, d’échecs relationnels et scolaires, peut relever de la gageure un vrai ressenti de gâchi. Mais au final, qu’il est bon d’avoir un mode d’emploi adapté à son vécu pour trouver son potentiel de joie ! On parlait en introduction de piloter un supersonique. Il est maintenant temps, après avoir fait la synthèse du potentiel de leur cerveau, d’entamer les cours de pilotage. Pour cela, le premier module que Christel PETITCOLLIN propose est l’ancrage, et j’en parle largement et en vidéo dans cet article ici sur ce blog.
    • Ranger et organiser ses pensées
    • La réflexion suit un mécanisme original où les pensées mélangent les genres, les approximations et les raccourcis, bref : brouillon. Le surefficient mental a son mécanisme de pensées en arborescence ce qui complexifie cet effet brouillon. Le challenge consiste à trouver une idée qui aurait comme effet de trouver une façon de classer toutes ses idées qui arrivent en vrac au cerveau à chaque instant. Les idées qui arrivent au cerveau sont comparable à ces greniers où on entasse des choses sans plus trop savoir à quel endroit elle sont, et finalement les perdre dans un tel fouillis. Un élève studieux surefficient peut avoir compris la leçon en cours, il va travailler peut-être studieusement à bien l’apprendre à la maison, mais peut avoir du mal à retrouver ses idées et à les intégrer tellement les nouvelles informations se mêleront au fouillis dans lequel les autres sont. Telle une bibliothèque aux livres bien indexés, le cerveau du surefficient gagnera à être organisé.
    • Le livre propose le « mind map » une façon de représenter ses idées en arborescence.  C’est une façon de développer sa créativité, le principe est de noter une idée, et de dessiner en lien les autres idées qui lui sont liées.
    • Par manque de temps, je n’ai pas pu finir cette chronique, je la mets en ligne sur le blog en l’état parce que je sais que ça va aider certaines personnes. Il reste trois parties à traiter, je le ferai et viendrai finir et fignoler cet article.
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16 Comments
  • Juliette
    novembre 10, 2014

    Merci pour cet article. Je me reconnais totalement dans ces descriptions.
    Il y a deux aspects sur lesquels j’aimerais avoir ton retour:

    1/ Conduire un supersonique parmi un monde de Deux-chevaux qui ne dépassent pas la deuxième vitesse, élevée par deux Deux-chevaux pur sang (l’un te disant que tu es trop compliquée et l’autre interprétant que tu es une orgueilleuse perfectionniste qui croit toujours tout savoir mieux que tout le monde…): comment s’en réjouir réellement? Si on a un moteur superpuissant mais que l’on ne peut pas vraiment l’utiliser pleinement du fait de notre environnement et des personnes qui nous entourent…?

    2/ Je pense avoir identifié un autre surefficient autour de moi, qui me semble avoir pris le parti d’avoir « toujours » raison et de « tout » comprendre (je mets les termes entre guillemets car ce sont mes ressentis et que je ne suis pas en lui pour l’affirmer). J’aimerais savoir à quoi ressemble le vrai équilibre quand on est surefficient; comment éviter de tomber dans les extrêmes que sont la remise en question constante agrémenter d’autoflagellation, et d’un autre côté une trop grande confiance en soi, en ses perceptions, analyses… bref, l’orgueil quoi? Quel point de vue équilibré avoir sur nos perceptions et ressentis?

    Merci d’avance

    • Joël ALIDOR
      novembre 10, 2014

      Merci Juliette pour ton commentaire. A tes questions
      1/ pour conduire une bolide, il faut une piste, des freins adaptés… Tout un système qui permet de le faire fonctionner. Une formule 1 ne roule pas sur une route de campagne. Donc, il faut savoir s’adapter. Savoir te construire ton espace, les bonnes dispositions pour faire tourner à plein régime ton moteur. C’est un peu le but du livre et la dernière partie parle de comment canaliser ses forces.
      2/ A chacun de le trouver ce sacro-saint équilibre. Je dirai laisse le faire ses expériences, tirer ses propres conclusions, qu’il veuille ou pas de ton expérience. Si tu lui laisses la responsabilité de sa vie, tu sauras plus facilement travailler sur tes perceptions et ressentis.

  • A.LL.
    novembre 23, 2014

    Passé le moment d’euphorie où l’on se découvre « cerveau droit », on retombe très vite dans la désillusion…… Car le monde dans lequel nous évoluons est clairement à dominante gauche et ne voit même pas qu’il y a un problème, puisque de façon nous apparaissons à leurs yeux comme des gens très compliqués, qui nous posons des problèmes qui n’existent pas…….
    AVANT je me sentais seule et incomprise, AUJOURDH’HUI, je le suis toujours, à la seule différence, c’est que je sais maintenant POURQUOI.
    Alors,,au début d’une nouvelle rencontre, je sais tout de suite à QUI j’ai affaire, si la personne commence à écarquiller les yeux, et me regarde bizarrement, j’ai compris, j’ai une fois de plus été trop loin dans les méandres de mon cerveau, j’ai perdu mon interlocuteur, inutile d’essayer de le rattraper, il m’a déjà classé parmi les « cassandres » et autres oiseaux de malheur. Car, à notre décharge, nous cerveau droit, nous avons une telle capacité à inventer des scenaries et à anticiper des choses qui n’arriveront certes jamais, mais pourtant tellement réelles dans mon cerveau à tel point que je serai capable de faire plusieurs films différents.
    Dans le cas contraire, celui où je me trouve en face d’un cerveau droit, je ne puis expliquer pourquoi, ni comment, nous sommes tout de suite sur la même longueur d’onde et là quel bonheur, c’est jubilatoire !!! L’alchimie fonctionne, on a l’impression que l’on se connait, et se reconnait depuis toujours, on est même capable de finir la phrase de l’autre.
    Alors pour me résumer, face à un cerveau droit, je passe un moment heureux mais trop rare, car hélas, nous ne sommes pas une catégorie qui est dominante et face à un bon cerveau gauche, « je prends sur moi », c’est à dire je lui laisse toute la « latitude »pour jouer « sa partition », je n’interviens pas, je l’écoute tout simplement, c’est plus un monologue, mais cela ne fait rien,je ne veux pas courir le risque de lui occasionner un rhume de cerveau, en l’emmenant dans mes propres circonvolutions, c’est bien connu, les cerveaux droits sont connus pour leur extrême
    « empathie », et çà de l’empathie, on en a à revendre, pas pour nous malheureusement, mais çà c’est une autre affaire !!!
    Mais il existe forcément une solution, c’est de réussir à faire travailler nos deux cerveaux, à les équilibrer. Preuve â l’appui, l’expérience redoutable mais non moins intéressante de la scientifique américaine Jill BOLTE TAYLOR qui d’ailleurs a rapporté son expérience dans son livre intitulé « Voyage au-delà de mon cerveau, suite à un accident vasculaire cérébral grave, elle a basculé de cerveau gauche à cerveau droit, se découvrant tout d’un coup, avec des émotions et des ressentis qui lui été jusqu’à présent inconnus.
    Alors sans pour autant se souhaiter un bon AVC, pourquoi ne pas imaginer des séries d’exercices qui nous ferait travailler un peu plus, l’autre hémisphère.
    Mais c’est vrai aussi que les cerveaux droits sont des « idéalistes » !!!!!!!

  • Zaré
    janvier 15, 2015

    D’abord je m’excuse pour les faute d’orthographe car je ne suit pas française. Enfin je ne suis pas la seule !!!il y a des gens qui pense comme moi .ce qui est dommage je découvert au moment ma vie n’avait plus importance pour moi.c’est à dire en peu tard( vaut mieux tard que jamais).je me sent comme une arbre qui ont saccagé tout ses branches productive par des coup.je ne sais pas combien de ses branche je peu récupérer ? Mais avant tout je remercie infiniment Joel pour cette article qui me décrit a cent pour cent et aux commentateur car ont exprimé mais sentiment aussi. Encore MERCI MERCI JOËL

    • Juliette
      janvier 16, 2015

      Zaré,
      Merci pour ton message, il est très encourageant! L’image de l’arbre me parle. Si tu penses que tes branches sont saccagées, observe les arbres de la nature: leurs branches repoussent toujours!!! Elles se renforcent, s’embellissent de feuilles et produisent des fleurs et des fruits. Elles ont juste besoin d’eau, de soleil et de nutriments dans le sol.
      Tes « branches » repousseront elles-aussi, belles, fortes et productives. Pour y arriver, donne-leur juste de l’amour, de la patience et du temps.

      Rien n’est irrécupérable ! Même une petite fleur peut naître de l’asphalte…
      Bon courage!

  • Zaré
    janvier 23, 2015

    Merci Julliette pour tes encouragement, j’ai lu le livre de Petitcolin et ça ma donné du courage pour fair des efforts pour récupérer ce qui est récupérable . Je peu pas m’exprimer comme vous mes sentiment en raison de langue, mais je voudrais vous dire que je partage vos sentiment . Quand j’ai lu l’article on dirai quelle q’un lisait dans ma tête tellement je me suis senti concerné ! Quelle soulagement!! Maintenant j’ai compris que je doit être plus patient avec les autre; au lieu d’arrêter sur les chose négatif je décidé comme tu dit arroser et nourire mes branches productive ( des belles qualité )saccagé par les gens profiteurs. Je pense d’être hypersensible n’a tués personne ( heureusement y on a encor si no ce monde sera encore plus insupportable ) . Merci Julliette et a bientôt

  • sève
    avril 25, 2015

    J’ai enfin pris le temps de lire ton article je suis surprise par tout ce que j’y découvre très touchée par le commentaire de ZAré dans lequel je me reconnais totalement , et d’autant plus touchée par la réponse de juliette 🙂 . Surefficient moi ? Vous êtes sur ? Cette hypersensibilité handicapante dans la reconnaissance de son moi, cette hyperesthésie, voilà de nouvelles notions qui permettent d’avancer, merci de m’aider a relever mon cou de cygne pour ne plus avoir mal !

    • Joël ALIDOR
      avril 25, 2015

      Bravo !!!
      C’est une nouvelle façon de voir la vie qui s’ouvre à toi…S’en rendre compte, en prendre conscience est la première étape de cette découverte.
      Bon et beau voyage !!!

  • Urban Laurent
    juillet 1, 2015

    L’auteure propose dans son ouvrage une vision finalement très peu nuancée des surefficients mentaux. Elle fait oeuvre utile en ce sens qu’elle donne à ces derniers des clés pour se reconnaître, gagner de la fierté et de l’estime de soi. Ce dont beaucoup ont manifestement besoin. Christel Petitcolin doit être remerciée pour cela.
    Etant scientifique de métier, je crois toutefois de mon devoir de vous livrer quelques réflexions, fruits de mon esprit critique, et de souligner quelques faiblesses de l’ouvrage de Christel Petitcolin. Je vais essayer de procéder un peu méthodiquement, à la manière d’un abominable cerveau gauche. Je passerai rapidement sur le style de l’ouvrage, à l’Américaine, avec des pseudo-exemples mettant en scène des personnages qu’on identifie grâce à leur prénom. Pénible quand on est comme moi, un cerveau droit, raffiné et sensible, se nourrissant du meilleur de la littérature… Mais passons aux choses sérieuses.
    D’abord, est-ce que Christel Petitcolin croit sérieusement qu’un cerveau droit se reconnaît dans toutes les caractéristiques listées ? Il est écrit notamment qu’un surefficient mental est forcément bienveillant. Christel Petitcolin n’envisage à aucun moment, je dis bien aucun, qu’un surefficient mental puisse être aussi quelqu’un de mauvais. Il est pourtant évident que d’authentiques génies du mal se recrutent aussi parmi les cerveaux droits. Heydrich était extrêmement doué. On sait quel rôle il a joué dans l’histoire du Reich. Je pourrais certainement multiplier les arguments pour dénoncer la manière particulièrement naïve et donc agaçante qui est celle de l’auteure quand elle décrit les caractéristiques des surefficients mentaux.
    D’après Christel Petitcolin, les surefficients mentaux font d’excellents ratés dans notre société. C’est sûrement vrai pour un certain nombre d’entre eux et c’est bien triste. Mais Christel Petitcolin le passe sous silence que beaucoup d’entre eux réussissent dans tous les domaines des activités humaines. Que certains surefficients mentaux échouent en raison de leurs difficultés d’adaptation, on le voit bien. Mais pourquoi ignorer ceux qui réussissent ?
    A aucun moment, Christel Petitcolin n’envisage la possibilité de l’existence d’individus réalisant une synthèse plus ou moins réussie entre le fonctionnement de leur cerveau droit et celui de leur cerveau gauche. Pour Christel Petitcolin il n’y a pas de demi-mesure, on a un fonctionnement de cerveau gauche ou un fonctionnement de cerveau droit. C’est l’un ou l’autre, il n’y a pas de milieu, alors que la biologie nous apprend qu’il y a généralement des gradients de comportement. On sait par exemple qu’il y a des degrés dans l’autisme. Et si le vrai surdoué était celui qui arrive à gérer ses deux hémisphères de manière équilibrée ? Quelque part la description que Christel Petitcolin fait des surefficients mentaux donne l’impression que ces derniers sont un peu des crétins, si je puis me permettre. Leur incapacité à être dans la nuance n’est pas forcément à ranger dans la catégorie des qualités intellectuelles. Pourquoi Christel Petitcolin tient-elle à les présenter comme des psychorigides ? La véritable supériorité intellectuelle ne se manifeste-t-elle pas chez ceux qui savent à la fois relativiser (caractéristique des cerveaux gauches d’après Christel Petitcolin) et tenir ferme sur leurs principes ?
    Bon, je vais arrêter ici mes critiques car le livre de Christel Petitcolin apporte quand même beaucoup d’informations intéressantes, originales et utiles. Et c’est sûrement vrai que nous aurions intérêt à reconnaître et valoriser les apports spécifiques de ces hommes et de ces femmes qui possèdent un fonctionnement intellectuel différent (et supérieur). Je pense aussi qu’une éducation mieux adaptée et certains exercices et certaines attitudes mentales pourraient leur permettre d’aller plus loin dans l’expression de leurs capacités, notamment par une réappropriation du meilleur de ce que peut nous apporter le cerveau gauche, et à être plus heureux. L’injonction « exprimez vous dans la créativité » est particulièrement pertinente.

    Ah, un petit conseil à Christel. Lisez « Lila » de Robert Pirsig. Ce livre génial et singulier vous donnera les clés pour comprendre les rôles respectifs qui reviennent dans une société aux « cerveaux gauches » et aux « cerveaux droits ».

    Un surefficient mental, père de 3 enfants clairement surefficients, marié à un « cerveau droit ». Et fier descendant de 2 surefficients modestes, bienveillants et idéalistes.

  • Zaré
    juillet 5, 2015

    Merci Laurent pour ton commentaire, une commentaire équilibré.je suis d’accord avec toi et j’aimerais lire le livre que tu suggère à Petitcolin.

  • D.F.
    août 19, 2015

    Bonjour Joël,
    Suite à la lecture du livre, des questions me viennent à l’esprit:
    Se peut-il qu’un surefficient sache depuis longtemps au fond de lui même qu’il est ainsi mais le rejette ? Il fait des recherches dans cette direction sans se l’admettre ? J’ai beaucoup recherché par le passé la différence entre cerveau droit et cerveau gauche. Des solutions qui sont données dans le livre me correspondent et j’avais déjà lu ou essayé quelques unes d’entre elles : je sais que j’ai besoin de faire beaucoup de sport et j’en fait ( et ce, depuis très jeune), j’ai besoin de faire beaucoup de choses (de la peinture…), d’apprendre… Je me suis documentée sur la sérotonine et j’en ai pris régulièrement en complément alimentaire…
    Mais il y a toujours eu une ambivalence : être convaincu de ne pas avoir un problème mental et être torturée par la peur de me tromper parce que certains autour de moi pensent que je dois, je cite, «  reformater mon cerveau ».(Ce qui peut peut-être ajouter à cette aversion de ma personne?).
    Mais je constate que dès que je vis dans un monde « fermé », avec peu de contacts avec les autres ou très superficiels, je suis satisfaite de moi et je ne suis pas aux prises avec ces pensées que je ne sais pas gérer. Je trouve que la description du livre est la mienne, mais suis-je réellement ainsi ? Ou est-ce que je me leurre juste pour me rassurer ? Merci beaucoup de m’aiguiller.

    • Joël ALIDOR
      août 19, 2015

      Bonjour,
      Découvrir sa surefficience, c’est comme découvrir d’être originaire d’une autre planète. Il y a une phase de peur de se tromper. Peur de ne pas faire ce que l’entourage nous encourage à faire.
      Donc bravo, déjà, tu te rends compte de ta différence et c’est bien. En plus, tu sais plus ou moins ce que tu dois faire.
      Ton vrai défi à mon sens sera d’apprendre qui tu es, et si c’est déjà fait, à apprendre à aimer au plus profond de toi qui tu es.
      Peut-être que d’autres lecteurs voudront apporter leurs réponses et leurs expériences pour vous aider ? Si oui, à vos claviers !!!

      • Juliette
        août 24, 2015

        Bonjour D.F.,

        et bravo pour ton courage! Il en faut toujours pour se dévoiler par écrit, même sous couvert de l’anonymat…

        Je me suis retrouvée dans certaines choses que tu as écrites. Notamment quand tu écris qu’ « il y a toujours eu une ambivalence : être convaincu de ne pas avoir un problème mental et être torturée par la peur de me tromper parce que certains autour de moi pensent que je dois, je cite, « reformater mon cerveau ». J’ai longtemps ressenti cette même ambivalence et parfois, je dois l’avouer, elle a tendance à refaire surface comme une vieille mauvaise rengaine… jusqu’à ce que je change de fréquence radio!
        Deux encouragements:
        1/ apprends à t’autoriser la différence. Les normopensants ont beaucoup de mal avec ce qui ne rentre pas dans les clous; ils interprètent souvent cela comme du désordre et veulent plus ou moins gentiment faire rentrer le surefficient dans une sorte de « boite de rationalisation étiquetée ». Et leur aplomb à affirmer leurs conceptions de la vérité a tendance à nous déboussoler, nous qui sommes très sensible au langage non verbal. « S’il semble aussi convaincu, c’est qu’il a dû l’éprouvé de A à Z sous tous les angles, et que ça doit être vrai! » On se retrouve donc la tête au carré, alors qu’elle est nettement plus jolie et efficace au naturel, telle qu’on l’a reçu en cadeau à la naissance: pleine de courbes, d’ondulations, de souplesse et d’arborescences!

        2/ le normopensant AUSSI se trompe! Tu as dû déjà le constater en essuyant malheureusement les conséquences de choix que tu n’aurais pas fait en temps normal, mais que tu as finalement consenti face à cet aplomb bluffant dont il est capable. Donc, ce n’est pas parce qu’on nous dit que l’on n’est pas normal, qu’on se casse trop la tête, qu’on réfléchit trop, qu’on est trop sensible… que l’on doit complètement lâcher notre ressenti pour engloutir leurs raisonnements. Etre en supériorité numérique ne veut pas dire détenir la supériorité en sagesse. Tout est toujours une question d’équilibre. Que l’on soit normopensant ou surefficient, on a une tendance au déséquilibre, et c’est ce déséquilibre entre autre qui nous pose bien souvent problème. Mais l’avantage d’un surefficient, c’est qu’il capte les désequilibres et tend généralement vers l’équilibre. Le normopensant se sentira la plupart du temps très bien comme il est, et tombera dans des pièges en pensant que c’est une fatalité, alors que ça ne l’est pas.

        En ce qui me concerne, j’ai maintenant acquis la conviction d’avoir le droit d’être telle que je suis, et je continue à apprendre à aimer sans réserve ces aptitudes différentes qui me sont offertes. Elles me sont très utiles, me préservent souvent et, même s’ils l’admettent rarement, les normopensant en tirent bien profit!

        Alors au lieu de les laisser seuls en tirer profit, commençons par en jouir pleinement nous-même!
        Qu’en penses-tu?

        Bon courage et belle journée 🙂

        • D.F.
          septembre 1, 2015

          Merci beaucoup Juliette pour tes encouragements.
          Comment en jouir pleinement?
          Je n’ ai malheureusement pas encore atteint le cap où je m accepte telle que je suis.
          Je me demande si cette acceptation de soi ne passe que par un travail personnel interieur , ou si on y parvient en incluant ses proches? Peuvent ils comprendre ou est ce peine perdue ?
          Doit on , comme en parle le livre , s entourer de personnes comme nous?
          J ai lu d autres articles sur internet parlant de personnes a haut potentiel laminaire ou complexe, et visiblement les profils sont tres differents. Est une raison pour laquelle entre surefficients l entente n est pas toujours facile?
          ( l un est submerge par une sensibilite a fleur de peau, et l autre a cette capacite de mener a bien ce qu il entreprend sans etre parasite par quoi que ce soit?)

          Merci encore!

          J avoue que le sujet me semble en

  • Juliette
    septembre 2, 2015

    D.F.,

    Dis moi si je me trompe mais le regard et l’avis des autres sont devenus prioritaires pour toi; à tel point que tu sembles t’être déconnectée de tes ressentis et de tes émotions. Si c’est le cas c’est très dangereux pour ton bien-être sur tous les plans. Il semble également que l’intellectualisation soit devenue pour toi une sorte d’échappatoire pour ne pas trop effleurer tes émotions profondes. Alors ce que j’ai envie de te dire avec beaucoup de bienveillance et de désintéressement : si tu te reconnais là-dedans, fais tout ton possible pour inverser la vapeur!

    C’est « drôle » parce que j’ai médité sur la question aujourd’hui et j’ai trouvé une illustration qui m’a beaucoup parlé. Chacun de nous, nous sommes comme une maison. Je te laisse choisir le style de la tienne : victorien, haussmannien, chalet de montagne… Les autres ne peuvent porter un regard que sur l’extérieur, sur la façade. Leur jugement se base uniquement sur ce qu’ils voient au premier abord, et ils ne cherchent généralement pas plus loin. Avec ce seul aperçu ils vont juger de l’ensemble de la maison, de l’intérieur, des gens qui y habitent, etc… Sauf que toi tu es propriétaire de la maison, tu y vis, TU AS LES CLEFS!!! À ton avis, qui connait Le mieux cette maison: les passants extérieurs? Les voisins? Ou toi??
    En érigeant le point de vue des autres en référence, c’est comme si tu juges l’intérieur de ta propre maison selon le regard subjectif extérieur de simples passants, qui ne sont jamais entrés dedans! ILS NE SONT PAS EN POSITION DE JUGER PUISQU’ILS N’ONT PAS LES CLEFS!!!

    Alors peut-être me diras tu: « mais comment se fait-il que je comprenne ou analyse si bien le comportement ou la personnalité des autres, et que les autres ne puissent pas faire de même avec moi? » Eh bien à cela j’ai envie de te répondre que cette perspicacité que tu as souvent, c’est un cadeau qui t’a été fait, un cadeau qui n’est pas fait à tout le monde. Chéri-le et fais en bon usage, de préférence pour ton bien et celui d’autrui. Choisi bien tes valeurs.

    Et surtout, surtout, apprend à sortir de sa cage ta splendide petite fille intérieure ! Accorde lui un espace d’expression, de compréhension, de tolérance et de beaucoup beaucoup d’amour…

    Tu n’auras jamais à regretter ce genre d’investissement-là!

    Bon courage et je le souhaite pour toi, bonnes retrouvailles avec toi-même !

  • Juliette
    septembre 3, 2015

    Oh et encore une précision concernant ta question, doit-on s’entourer que de surefficients ou non: personnellement il y a trois maximes (qui ne viennent pas de moi évidemment) qui m’aident à déterminer une réponse:

    – « Qui marche avec les sages deviendra sage, mais qui a des relations avec les stupides s’en trouvera mal »
    – « Les mauvaises compagnies ruinent les bonnes habitudes »
    – « Tout bon arbre produit de beaux fruits, mais tout arbre pourri produit des fruits sans valeur (…) Donc c’est à leurs fruits que vous reconnaîtrez ces hommes »

    Bien évidemment, il n’est pas question de catégoriser des gens dans notre entourage de « stupides » ou « d’arbres pourris », mais il est bien de considérer leurs traits de caractère, leurs actions, leurs valeurs… Et se demander si je tiens réellement à être comme eux, à leur ressembler. On peut avoir différents degrés de relations avec une personne; de la simple « croisade » occasionnelle à l’amitié profonde, en passant par le côtoiement périodique, le copinage de sorties culturelles ou les amis avec qui ont débat sur les questions existentielles…

    C’est à toi de te demander à qui ou à quoi tu veux ressembler, pour choisir tes fréquentations en fonction.

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