Juliette

Ecrit par : vendredi, août 29, 2014 6 Permalink

Dans la rubrique témoignages, je laisse ceux qui le souhaitent s’exprimer librement sur un sujet qui leur tien à coeur. Aujourd’hui, je laisse la parole à Juliette pour écouter son témoignage sur les étapes de sa victoire face à la dépression.

Témoignage : Je m’appelle Juliette. Je viens d’avoir 30 ans.

Il y a dix ans, je suis « tombée dans » la dépression. Une goutte d’eau costaude qui a fait valdinguer ma marmite.

L'espoir de retrouver la sérénité

L’espoir de retrouver la sérénité

Avec un peu de recul, je dirais que j’ai été en dépression depuis bien plus longtemps que ça, peut-être depuis l’âge de 7 – 8 ans ; mais ce qui me faisait tenir le coup, c’était l’espoir : l’espoir d’être enfin ce que les autres attendaient de moi, l’espoir de me sentir enfin reconnue et aimée, l’espoir de me sentir exister… La dépression est arrivée brutalement comme une chape de plomb lorsqu’un pic suffisamment aiguisé a fait éclater ma bulle d’espoir.

Au bout d’un an de dépression, j’ai eu le droit à un « bonus fidélité » : la fibromyalgie. Les douleurs physiques se sont donc ajoutées, entremêlées avec les douleurs morales.

Quand on a envie de tout lâcher. homme tenant grille, semble emprisonné

Quand on a envie de tout lâcher

Je ne rentrerai pas dans les détails de mes errances ; de spécialistes en spécialistes, de traitements en traitements, d’hôpital en hôpital. Psychologues, psychothérapeutes, psychiatres… Je me sentais shootée. Shootée de tout : d’être cobaye, d’être baladée, de ne pas comprendre, de ne plus ressentir, ou seulement du vide, du noir ; et tout ce désespoir qui m’entourait de partout…

J’ai de nombreuses fois voulu tout lâcher, lâcher ma vie. Et pourtant, un tout petit quelque chose en moi me disait : « Tu ne peux pas laisser tout complètement tomber. C’est pas possible ! Il ne peut pas n’y avoir absolument aucune issue ! S’il-te-plaît, cherche encore ! »

J’ai un côté assez docile… J’ai cherché. Jusqu’à trouver, il y a trois – quatre ans, la thérapie DMOKA avec Joël. Quand on a été trop baladée, quand on a essuyé trop de déceptions, on a de quoi être sérieusement sceptique. Mais bon, j’ai essayé, pour pouvoir me dire que j’ai essayé.

La première séance a été du tonnerre ! J’ai tellement tout de suite capté les explications que le processus d’évacuation des toxines psychiques a immédiatement débuté (note du blogueur, explications dont vous pouvez vous aussi bénéficier gratuitement en vous inscrivant ici à la formation gratuite et sans engagement). J’avais la sensation d’avoir fait en une séance l’équivalent de trois années de psychothérapie (Je ne dis pas les choses pour faire de la pub _ j’assume mes sensations).

Je ne vais pas raconter avec précisions mes séances personnelles. Par contre ce que j’aimerais partager, ce sont les différentes étapes émotionnelles par lesquelles je suis passée durant ces trois – quatre années de thérapie. Parce qu’au final, ce qui parle le mieux et de manière universelle, ce sont les ressentis.

· Etape 1 : l’EUPHORIE

J’avais le sentiment d’évacuer enfin des poids considérables, et c’est particulièrement grisant ! On renoue avec une certaine sensation de pouvoir sur sa vie, de guérison et donc, d’espoir.

· Etape 2 : la PANIQUE

On a l'impression qu'on y arrivera jamais...fille se prenant la tete

On a l’impression qu’on y arrivera jamais…

On évacue plein de choses, et pourtant, y’en a toujours plein à évacuer ! C’est comme si notre besace ne se vidait pas mais que, lorsqu’on retire de gros morceaux, les petits cailloux à l’intérieur grossissent jusqu’à en devenir des rochers. Et là, la panique envahit : « Je vais jamais y arriver ! Je suis trop pourrie ! Tout est à changer ! »

· Etape 3 : l’ENDURANCE

Immédiatement après la réflexion précédente, une seconde arrive : « Non non, tu peux pas lâcher en si bon chemin. Regarde tel et tel poids qui t’asphyxiaient et que maintenant tu ne portes plus ! De toute façon tout ce qui sort doit sortir. Il vaut mieux que ce soit maintenant plutôt que plus tard. »

· Etape 4 : la DÉ-TYRANISATION

La thérapie m’a aidé à mettre le doigt (ou un nom) sur mon tyran intérieur, à comprendre qui il est, comment il raisonne… ET QU’IL N’EST PAS MOI ! Ca m’a pris beaucoup de temps pour le reconnaître dans ses différentes facettes et à apprendre à ne plus le croire. Mais grâce à l’endurance, on y arrive de mieux en mieux.

Je ne vous dirai pas le nom de mon tyran intérieur : je l’éduque à l’humilité et à ne pas se vautrer dans un désir orgueilleux de célébrité…

· Etape 5 : la LUCIDITÉ

Est venu alors le moment où j’ai compris que, contrairement à ce que mon harceleur perso me martelait sans cesse, mon but n’avait pas besoin d’être de TOUT évacuer, mais plutôt de me libérer progressivement, de mon mieux, et d’apprendre pas à pas à prendre soin de moi. Cela m’a permis d’expérimenter une nouvelle sensation : être patiente avec moi-même en toute légitimité.

· Etape 6 : la DISTANCIATION avec les autres

En faisant tout ce travail sur moi et pour moi, pour mon bien, j’ai commencé à identifier mon propre rythme de croisière, à l’apprécier et à le rechercher. J’ai dans le même temps vu qu’il était complètement différent de celui des autres. Mais ça commençait à ne plus me déranger. Mieux : j’aimais ça ! Car, quand on regarde bien… j’existe.

· Etape 7 : la PROJECTION

Ca, c’a a été un truc énorme pour moi parce que, concrètement, je n’avais encore jamais établit de projet qui me plaise, POUR MOI. Maintenant que j’avais un rythme, je me suis choisie une destination, MA destination. Et ça, c’est génial !

· Etape 8 : l’AMOUR DE SOI

Colore ta vie !!!

Colore ta vie !!!

Cette phase-là… Je ne la détaillerai pas tant que ça, parce que j’y suis encore. Ce que j’entends par m’aimer, c’est pouvoir me regarder en face avec affection et bienveillance, aimer mon enfant intérieur à toutes les étapes de sa vie, de son évolution, et l’entourer de soin et d’amour quand il a peur, qu’il a mal, qu’il fait des erreurs…

Et en m’aimant pour ce que je suis, je suis alors davantage capable d’aimer les autres pour ce qu’ils sont.

Je m’appelle Juliette. Je viens d’avoir 30 ans. Et enfin ma vie se colore de la plus belle couleur qui soit.

Je souhaite à chaque personne qui lit ce témoignage de colorer sa propre vie des quatre couleurs primaires : l’amour, le bonheur, la joie et les rires.

Merci Juliette pour ce beau témoignage de tes progrès face à la dépression

Note du blogueur : Je tiens à te remercier Juliette pour avoir inauguré ce premier article de notre rubrique témoignage. C’est courageux de parler de ton parcours face à la dépression comme ici. Sentez-vous libre, vous aussi chers visiteurs, de me faire parvenir les votres, car ils seront j’en suis sûr très utiles pour des lecteurs qui se sentent seuls dans leurs combats contre leur mal-être. Si cet article vous a plu, votre expérience pourra aussi aider d’autres personnes qui vivent ce que vous vivez ou avez vécu. Beaucoup ont tendance à sous-évaluer les efforts qu’ils font (ont fait), ils tombent dans le piège que ça va interresser personne, ou que ça va prendre du temps inutilement aux lecteurs, ce que je vis ne vaut rien, profitera à personne etc… C’est faux ! Vous pouvez vous exprimer, même dans l’anonymât s’il le faut. Vous choisirez un pseudo. Je vous garantirai l’anonymât.
En attendant, encouragez Juliette en lui disant ce qui vous a plu dans son témoignage s’il vous plaît…

6 Comments
  • A.LL.
    août 30, 2014

    A Juliette,

    Si tu étais une plante, tu t’appelerais JOUBARBE ou de son nom scientifique SEMPERVIVUM qui signifie  » toujours vivant « ,
    Comme « elle », tu as su endurer des températures extrêmes dans des endroits inhospitaliers, et comme « elle », tu es capable de fleurir aujourd’hui…..
    Ton témoignage m’a tiré des larmes, je n’ai pu m’empêcher de penser : Si
    jeune et déjà un tel parcours……. parsemé de souffrances et d’errances.
    Mais, tu as fais le bon choix, celui de nettoyer « ton histoire ». Cela m’encourage aussi à continuer à nettoyer et vider mon « tiroir ». C’est comme çà que je nomme mon cerveau limbique, tu sais celui qui DEBOOOOORDE, de toutes nos blessures, les notres et celles de nos ascendants, et oui çà fait beaucoup de choses dans ce tiroir qui ne nous appartiennent pas, alors autant les rendre au « propriétaire ».
    D’ailleurs, il faudrait que JOEL nous fasse un topo sur le limbique, cette partie du cerveau qui stocke à défaut de traiter toutes nos émotions et donc le cortex n’a que faire. Après, on s’étonne de craquer, de faire des crises d’angoisse (et là, je pense au témoignage de Pierre), des dépressions.
    Bravo Juliette, ton témoignage m’encourage à continuer à aller jusqu’au bout du « travail » que j’ai entrepris avec Joël à savoir : reprendre les poids que j’ai mis inconsciemment sur mes enfants et rendre les miens à qui de droit.
    Et encore mille fois bravos pour avoir entrepris ce long et douloureux « travail » à ton âge. Te rends-tu compte que tu avances libre aujourd’hui,
    sans MASQUE, le masque c’est ce que j’appelerai les différents comportements inadaptés que nous adoptons pour éviter de nous confronter à nos différentes blessures.
    Et enfin, je dirai merci pour le choix de la dernière photo : colore ta vie et la légende qui va avec. …..
    Bonne route !!!!!!!?

    • Juliette
      août 30, 2014

      Merci beaucoup A.LL.!! Ca me fait chaud au coeur!
      Le plus grand bonheur que je peux retirer, c’est de donner; de partager ce que j’ai vécu pour que ce soit un encouragement pour les autres. Une bouffée positive.
      Transformer ce qui a pu être vécu, ressenti comme négatif, en une tornade positive!
      Comme a dit un grand homme: « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ». Maintenant que j’ai appris à me donner à moi-même, et à recevoir tant de moi-même que des autres, je commence à goûter au vrai bonheur de donner authentiquement aux autres 🙂

      Quant à la dernière photo, j’y tenais vraiment! Que chacun d’entre-nous soit artiste peintre de sa vie, et en fasse un chef d’oeuvre avec ses couleurs favorites. Et si le monde qui nous entoure veut nous faire croire que nous n’avons que des nuances de gris à disposition, persévérons jusqu’à ce que nos yeux émotionnels voient les couleurs qui sont juste là, à portée de nos mains 😉 Car elles sont bien là, les couleurs!

      Les efforts valent toujours la peine, à un moment ou à un autre…

    • Joël ALIDOR
      août 30, 2014

      Merci pour ce bel hommage en forme de portrait chinois… Oui, c’est super que ce témoignage t’encourage, et je suis sur que le tiens, avec ce que tu sais écrire, encouragera d’autres personnes. Vous êtes d’accord les autres ?

      • Jess
        septembre 1, 2014

        Oui m’sieur!

  • Jess
    septembre 1, 2014

    Bonjououour
    Bravo Juju (j’me permets parce que c’est ma copine)
    Je lis ton témoignage et je vois ces phases et je suis fière du chemin parcouru!
    T’as des très belles qualités Juju et c’est un plaisir de te voir aller bien!
    Ça me pousse à la reconnaissance… 😉
    Jess

    • Juliette
      septembre 1, 2014

      Merci ma Jess!
      Tu sais d’où je viens et quel chemin j’ai parcouru.

      Toi aussi tu as un parcours digne d’être salué! Je suis ravie qu’on soit amies! 😀

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